Savoir quand briser les règles

Depuis notre tendre enfance on nous a enseigné les règles à suivre; règles de conduite en société, règle de grammaire, règle de mathématique, règle des jeux, etc. Certaines de ces règles ne laissent pas tellement de marge de manœuvre puisqu’elles font partie de la science connues. D’autre sont soit nécessaires pour assurer une société cohérente, ou découlent de paradigmes avancés par des années d’expérience et de connaissances accumulées. Toutefois, beaucoup de progrès ont été réalisés aux travers des âges par des gens qui ont osé défier les règles dans un élan créatif, pour atteindre des résultats qui ont souvent permis d’acquérir une nouvelle perspective. Ces esprits créateurs qui osent penser en dehors de la boite, ont un facteur en commun; ils ont une bonne connaissance et ils maitrisent les règles qui régissent leurs domaines d’intérêt.
Ce phénomène de créativité se retrouve également en photographie, mais seulement quand on commence à maitriser les règles qui régissent le médium. Certains photographes reconnus adhèrent strictement au règles établies, d’autre par contre, doivent leur renommé au fait qu’ils refusent de s’y soumettre. Pour ma part, je fais partie de ceux qui apprécient la valeur de ces règles mais qui trouve un plaisir mignon à les flouer à l’occasion. C’a m’arrive surtout quand les règles établies ne me permettent pas d’exprimer ma vision et mes sentiments du moment.

Foyer et profondeur de champs sur le sujet principal
Tel fut le cas lors d’une randonnée en kayak à voile avec un bon ami sur la Baie des Chaleurs. Par ce soleil chaud d’été, l’air salé et le plaisir de me sentir transporter sur les vagues par un vent chaud, il me semblait difficile sinon impossible de capturer ce moment sublime en utilisant les règles établies. C’est à ce moment que j’ai décidé de mettre de coté l’approche sage et de suivre mon intuition. Voyez vous-mêmes le résultat dans la photo qui suit.
kayak Eric abstrait bokey3-

Au lieu de faire le foyer sur le sujet principal, mon ami le kayakeur, comme il est de mise, j’ai plutôt mis l’image hors foyer ayant pour résultat de rendre les gouttelettes d’eau qui recouvraient ma voile floues . J’ai aussi opter pour une grande ouverture de diaphragme qui me permis de réduire la profondeur de champs et de ce fait, augmenter d’avantage le flou sur le kayakeur. Sans m’en rendre compte à ce moment, j’ai même briser une des règles mes plus chères, soit celle d’avoir une ligne d’horizon droite et au niveau. Une ligne d’horizon croche, ne soit que de quelques degrés, est à éviter selon les règles puisque qu’elle produit un déséquilibre visuel. Toutefois, dans ce cas si, ce déséquilibre met l’emphase sur le roulis des vagues. Résultat, une image créative qui me fait encore revivre ce moment à chaque fois que je la regarde.

Remplir le cadre

Le but de remplir le cadre et de traiter le sujet avec intimité sert à mettre l’emphase sur celui-ci.
Fenêtre sur mes rêves copy

Vous pouvez délaisser cette règle et plutôt opter pour une autre, celle de l’espace négative qui, quand elle est bien utilisée, permet de mettre l’emphase sur votre sujet de façon tout aussi efficace.
grange grenier Kedgwick (1) copy

Ne pas faire face à la lumière

On nous a tous appris que nous devons illuminer notre sujet de front ou de coté ou des deux, qu’on utilise la lumière naturelle ou un flash. Ceci permet de bien montrer les détails et les textures de notre sujet.
Amélie et Isabelle 2012 DSC_5447 copy

Toutefois, si vous ne prenez jamais votre sujet avec la lumière à contre-jour, vous ne produirez jamais de silhouettes.
_JPB8095 copy boys an amzing conversation (3) copy

Ne jamais photographier votre sujet de dos

Il va de soit que si vous photographiez des gens, les visages sont une composante importante. À quoi sert un portrait si on ne peut pas voir les visages?
FF001-0362 Dad & François 2005 copy

Il reste qu’une photo de dos peut être potentiellement très puissante par le mystère qu’elle créer au niveau du sujet et l’emphase qui est mis sur l’environnement.
1387972537_92353e84a0_z[1] copy

L’appareil ne doit pas bouger et la vitesse d’obturateur doit être suffisante pour geler le mouvement

Il va de soit que cette règle ne doit pas être prise à la légère dans la grande majorité des cas. Toutefois, vous est-il comme moi déjà arriver d’avoir le blocage du photographe? Ce phénomène qui se manifeste parfois, nous laisse dans un état créatif léthargique où on semble manquer d’imagination et où on n’arrive pas à trouver des sujets intéressants. Heureusement il y a un antidote à cette condition. Pour moi, elle consiste à fermer l’ouverture du diaphragme de mon objectif à son minimum afin d’obtenir une vitesse d’obturateur lente, telle 1/15sec ou moins. Ensuite, je capture n’importe quel sujet en bougeant mon appareil durant le temps d’exposition de haut en bas, ou de droite à gauche, en mouvement circulaire ou en zigzag. Au fur et à mesure que je progresse dans cet exercice, je tente d’appliquer la méthode en utilisant les règles de composition bien établies. Les résultats ne sont pas toujours conclusifs, mais il m’arrive parfois de créer des images abstraites percutantes. Il reste que l’exercice en vaut la peine et elle permet à tout coup de briser le blocage et d’ouvrir à nouveau les vannes de la créativité.
abstrait pins DSC_0924 copy

Once upon a pine forest- copy

Ces quelques conseils vous permettront sans doute de poursuivre votre passion.

Publicités